Les rêveries du retraité solitaire

Les rêveries du retraité solitaire

Les rêveries du promeneur solitaire

C’est le titre du livre que le philosophe Jean-Jacques Rousseau a écrit au cours des deux années qui ont précédé sa mort en 1778. Dans cet article, je vais tenter de vous expliquer pourquoi j’ai choisi de m’en inspirer pour le titre de mon blogue. Tout d’abord, je crois que malgré le temps et l’espace qui nous séparent, Rousseau et moi avons plusieurs choses en commun.

 

Lorsque j’avais une vingtaine d’années, j’ai suivi un cours de littérature sur l’autobiographie avec un professeur français de qui j’ai beaucoup appris sur la façon d’analyser et de bien comprendre un auteur et son oeuvre. Ce professeur s’appelait Yves Breuil. Au programme, il y avait Saint Augustin, Montaigne et Rousseau dont nous avons étudié les Confessions. Dans ce livre, j'ai appris à connaître l’auteur à travers les pensées quelquefois très intimes et les confidences qu’il fait à ses lecteurs. J’ai tout de suite senti que j’avais des affinités avec cet homme qui avait vécu deux siècles avant moi. Nous étions tous les deux des romantiques et nous aimions la nature. Nous étions aussi préoccupés par les questions existentielles et avions le même souci d’authenticité et de transparence.

 

Rousseau est retourné dans sa Suisse natale et a commencé à écrire ses Rêveries à l’âge de 64 ans. J’ai pris ma retraite à cet âge-là, et j’ai commencé à écrire quelques mois plus tard alors que je venais d’avoir 65 ans. Quand le moment est venu de choisir un titre pour mon blogue, j’ai immédiatement pensé à Rousseau. Je me suis dit que je me retrouvais un peu dans la même situation que lui et que j'avais aussi le goût d'écrire sur ce que j'avais vécu. Lui qui rêvait en marchant dans les sentiers de montagne de son pays natal et moi qui trouvait mon inspiration en faisant du kayak en solitaire sur la rivière des Outaouais ou en faisant du ski de fond dans le parc de la Gatineau avions quelque chose en commun. Tout comme Rousseau qui a quitté Paris pour retourner vivre en Suisse, j’ai aussi fait un changement géographique après avoir pris ma retraite. Maria et moi avons décidé de passer beaucoup plus de temps à notre chalet à la campagne qu’à notre maison en ville. Il est intéressant de noter que Rousseau était lui aussi marié. Il faisait ses promenades et s’adonnait à ses rêveries (qu’il appelait aussi méditations) en solitaire mais il ne vivait pas seul. Voilà pour les similitudes ! Voyons voir les différences !

 

Puisque c’était en quelque sorte son travail en tant que philosophe, Rousseau avait déjà réfléchi et écrit sur à peu près tout avant de prendre la décision de se retirer de la vie publique. Dans les nombreux livres et essais qu’il a publiés, il a traité de politique, de culture et de société, de religion et de spiritualité, de langues et de communication, d’économie, des arts et des sciences. Il a aussi publié quelques articles sur la musique et même un Dictionnaire de la musique. Il a rédigé ses Confessions entre 1765 et 1770 alors qu’il était âgé entre 53 et 58 ans. Il a écrit dans Les rêveries du promeneur solitaire qu’il s’était donné pour objectif de se faire une opinion sur tous les sujets qu’il considérait importants avant d’atteindre l’âge de quarante ans.

 

S’il s’était déjà fait une opinion sur tout, et qu’en plus il avait déjà rédigé ses confessions, qu’est-ce qu’il a bien pu raconter de nouveau dans ses Rêveries ? C’est pour répondre à cette question que j’ai commencé à lire le livre en version électronique il y a trois jours... parce que je dois admettre que je ne l’avais pas lu avant. Je n’ai parcouru que trois promenades, le mot qu’utilise l’auteur pour désigner les chapitres de son livre. D'après ce que j’ai lu jusqu’à maintenant, j'ai pu constater que Rousseau réfléchit beaucoup sur le fait d’avoir réfléchi et sur ce que ça lui a apporté d’avoir autant réfléchi. Il parle beaucoup, mais sans donner de détails, de ceux qui l’ont trahi et qui lui ont causé du tort. Il n’élabore pas très longuement sur des sujets comme la religion et la politique dont il avait déjà traité dans ses autres publications, mais se contente de considérations générales sur la vie et la condition humaine.

 

Pour moi, ç’a été différent. Je n’ai commencé à utiliser l’écriture pour méditer et réfléchir qu’une fois arrivé à la retraite, et je n’ai  pas, comme Rousseau, innové et contribué à changer la façon de penser et de voir les choses des gens de mon époque. Je suis simplement retourné en arrière pour voir parmi les expériences les plus marquantes que j’avais vécues et les influences les plus déterminantes que j’avais subies ce qui m’avait amené à penser de la façon dont je pense et à devenir ce que je suis devenu. Sont venues se greffer à cela des réflexions sur différents thèmes, des anecdotes sans conséquences, quelquefois drôles, et mes opinions sur une variété de sujets.

 

Voilà ! Ça explique un peu pourquoi j’ai choisi de m’inspirer d’un livre écrit par Jean-Jacques Rousseau pour donner un titre à mon blogue. Je dois dire en terminant qu'en lisant ses écrits, je me trouve souvent plus d’affinités avec cet homme d’un autre continent et d’une autre époque qu’avec plusieurs de mes contemporains.

 

 

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13/02/2019
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