Les rêveries du retraité solitaire

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La dopamine et les réseaux sociaux

J’ai lu ce matin un article très intéressant sur les aspects négatifs des téléphones intelligents. C’est un sujet qui n’est pas nouveau, me direz-vous. L’auteur parle, bien sûr, de la détérioration des rapports entre les individus. Il a même déniché un dessin datant de 1906 qui annonce, à partir de la technologie qui existait à l’époque, la situation que nous connaissons aujourd’hui.

 

 

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Ce qui a le plus attiré mon attention et m’a fait le plus réfléchir dans cet article est une chose dont j’avais vaguement entendu parler mais jamais en des termes aussi précis. Il s’agit de la façon dont les concepteurs des nouveaux outils de communication, en particulier les réseaux sociaux, ont réussi à créer une dépendance chez leurs utilisateurs en se basant sur des techniques très simples.  

 

Voici comment ça fonctionne. Quand quelqu’un aime quelque chose que nous avons affiché dans Facebook, on nous en avertit par un son qui ressemble à un « ping » et un petit carré rouge avec un chiffre au milieu qui apparaît sur notre écran. Nous sommes heureux et excités parce que ça produit de la dopamine dans notre cerveau. Comme les célèbres chiens de Pavlov, nous réagissons aux stimuli qui nous sont envoyés. On cherche alors quelque chose de plus « cool » à afficher pour avoir plus de « J’aime » et une dose de dopamine encore plus forte. On finit par passer plus de temps qu’on avait prévu en ligne, et à être exposé à plus de publicité que les actionnaires de Facebook pourront vendre à un prix plus élevé.

 

L’article cite Chris Marcellino, un des concepteurs des boutons de notifications utilisés sur les produits Apple, qui a dit que les téléphones intelligents, qui créent une dépendance chez leurs utilisateurs, utilisent les mêmes neurotransmetteurs que le jeu compulsif et la drogue. [1] Il cite également Sean Parker, l’ex-président de Facebook, qui a admis que les inventeurs de la plateforme avaient, en toute connaissance de cause, utilisé les neurotransmetteurs qui sécrètent la dopamine pour créer une dépendance. [2]

 

Pour moi qui passe beaucoup plus de temps à écrire des articles sur mon blogue que dans Facebook, ce n’est pas tellement différent. J’ai la possibilité d’aller voir qui a lu ce que j’ai écrit, de voir aussi s’ils ont aimé ça, et s’ils ont laissé des commentaires. À chaque fois que je vois un « J’aime » ou que je me rends compte que quelqu’un a laissé un commentaire, je reçois ma dose de dopamine. Dans ma page d’accueil, j’avais écrit que ce blogue serait pour moi un peu comme une bouteille qu’on jette à la mer, et voilà que je me surprends à aller marcher sur la plage trois ou quatre fois par jour pour voir si la bouteille est revenue avec un message dedans.

 

Je me rends compte que même si le fait d’avoir créé ce blogue a été pour moi très bénéfique à plusieurs égards, comme je l’ai expliqué dans mon dernier article Le point sur mon blogue, j’ai quand même développé une dépendance. C’est cette dépendance qui fait en sorte qu’à chaque fois que je reviens à la maison, la première chose que je fais est d’aller vérifier si j’ai eu des visites sur mon blogue. Pour moi qui ai déjà souffert d’une dépendance à l’alcool, je suis probablement plus vulnérable à ce genre de problème que l’ensemble de la population.

 

Je n’ai pas l’intention de cesser d’écrire pour autant. L’écriture est quelque chose que j’aime et qui fait partie de ma vie. Je vais simplement essayer de gérer mon blogue autrement.  Je vais aller vérifier moins souvent si quelqu’un a réagi à ce que j’ai écrit. Si j’avais vraiment lancé une bouteille à la mer, je ne pourrais pas aller voir à tout bout de champ si quelqu’un l’a trouvée et lu le message que j’avais mis dedans. Il faudrait que je lâche prise en me disant que j’ai fait ce que j’avais à faire et que le reste n’a pas d’importance. C’est ce que Maria ne cesse de me répéter, et c’est ma résolution pour 2018.

 



[1] Chris Marcellino, who helped develop the iPhone’s push notification at Apple, told The Guardian last fall that smartphones hook people using the same neural pathways as gambling and drugs.

 

[2] Sean Parker, ex-president of Facebook, recently admitted that the world-bestriding social media platform was designed to hook users with spurts of dopamine, a complicated neurotransmitter released when the brain expects a reward or accrues fresh knowledge. “You’re exploiting vulnerability in human psychology,” he said. “The inventors understood this, consciously, and we did it anyway.”



07/01/2018
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