Les rêveries du retraité solitaire

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3-Le français et la mondialisation

Il y a déjà belle lurette que l’Institut Pasteur a cessé de publier en français. Dans le domaine des sciences et de la technologie, ce qui est écrit pour être lu doit être écrit en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, italiennes, chinoises et japonaises offrent des programmes de business et management uniquement en anglais. Un peu comme à l’époque où les affaires concernant l’au-delà étaient gérées, dans les pays catholique, par ceux qu’André Gide appelait malicieusement les préposés aux choses vagues, dans une langue qui n’était pas celle que parlaient les petites gens autour d’eux, tout ce qui a trait à la haute finance et à la technologie doit se faire en anglais, peu importe le continent ou le pays. 

 

Dans notre univers mondialisé, les échanges commerciaux et le développement  technologique se font à une vitesse vertigineuse. On doit pouvoir communiquer rapidement  et de façon claire et efficace. Quelques amis québécois m’ont raconté qu’à Paris des serveurs de restaurant, employés d’hôtel  ou vendeurs dans des magasins leur ont demandé de s’adresser à eux en anglais parce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre assez vite ce qu’ils disaient. Si nous ne possédons pour communiquer dans ce monde globalisé que la langue que nous parlons ici entre nous, nous sommes démunis face au français tel qu’il est parlé en Europe, mais surtout face à l’omniprésence de l’anglais. 

 

Pour faire carrière dans le monde de la finance, de la technologie et de la politique internationale, on doit pouvoir communiquer en anglais à un niveau presque aussi élevé que dans sa langue maternelle.  Et ce n’est pas chose facile... J’ai trouvé dans YouTube les vidéos d’un linguiste suisse qui traitent, entre autres chose, des difficultés liées à la nécessité de communiquer dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle et ce, même si on y est théoriquement bien préparé. Pour illustrer ceci, il cite le cas d’une femme ministre du gouvernement danois, un pays dans lequel les diplômés universitaires ont reçu entre huit et dix mille heures de formation en anglais, qui voulant informer l’auditoire à qui elle s’adressait qu’elle était au début de son mandat a déclaré: « I am at the beginning of my period. » Le linguistique, un monsieur d’un âge certain dont le visage exprime la bonté et la sagesse a conclu en disant : « Tout le monde a ri, mais personne n’a manifesté de sympathie pour elle. » 

 

Dans une autre vidéo, le même linguiste, qui a eu l’occasion d’assister à de nombreux congrès internationaux rapporte le cas d’un Japonais, éminent spécialiste dans son domaine, qui ne disait pratiquement rien dans les réunions internationales à cause de la barrière linguistique, mais qui une fois rentré dans son pays,  pouvait discourir dans son champ d’expertise pendant des heures dans sa langue maternelle.  Sa conclusion est que les participants à des congrès et rencontres d’organismes internationaux dont l’anglais est la langue maternelle disposent d’un pouvoir extraordinaire qui dépassent de loin leur poids démographique. Ils peuvent non seulement diriger mais influencer l'issue les débats alors que les autres ne sont souvent que des spectateurs. 

 

Jacques Parizeau, qu'on ne pouvait pas accuser de prôner l’assimilation des francophones et la disparition du français en Amérique du Nord, disait que dans un Québec souverain les francophones devraient atteindre un niveau de bilinguisme aussi élevé que celui des Scandinaves.

 

 



31/03/2018
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