Les rêveries du retraité solitaire

Les rêveries du retraité solitaire

Démesure et disproportion

On peut facilement concevoir qu’on appartient à une famille, une communauté, une nation, une langue, une religion et une culture. On peut consulter son arbre généalogique et étudier l’histoire de son pays pour savoir de qui et d’où l’on vient. On peut aussi assez facilement, en étudiant l'histoire, identifier les éléments et les influences qui se sont combinés pour donner naissance à notre culture et à la langue que nous parlons. Nous disposons également de plusieurs écrits et données historiques pour nous aider à comprendre comment sont apparus les religions et les principaux courants idéologiques et philosophiques. Tout ça est relativement limité dans l’espace et dans le temps.

 

Il est par contre beaucoup plus difficile de concevoir notre appartenance à l’univers parce que tout y est démesuré et disproportionné par rapport à nous, les humains. Comment imaginer que notre univers existe depuis plus de treize milliards et demi d’années, que la vie est disparue complètement et réapparue cinq fois de la terre, que nos lointains ancêtres étaient des bactéries qui sont devenues des algues, des algues qui sont devenues des poisson, des poissons qui sont devenus des mammifères, et des mammifères qui sont devenus des humains ?  Comment imaginer que notre univers, au moment où j’écris ces quelques lignes avec mon ordinateur sur ma table de cuisine à Ottawa, est en perpétuelle expansion à une vitesse qui, selon certains physiciens, dépasserait celle de la lumière qui est d’à peu près 300 000 km/s ?

 

Et il n’y a pas que cela qui est démesuré et disproportionné. Il y a aussi tout ce qui fait partie de nous. La capacité qu’ont les humains d’imaginer, de rêver, d’aimer, de souffrir et de faire souffrir, d’espérer contre toute attente, de vouloir comprendre tout ce qu’il y a à comprendre est sans aucune mesure avec leur condition. Étant donné le peu de temps que nous passons sur cette terre, il serait beaucoup plus logique qui nous ayons le museau collé contre le sol comme les animaux plutôt que d’avoir les yeux tournés vers le ciel à contempler les étoiles. Pourquoi ce désir si profond d’absolu, d’amour infini, d’éternité et de justice est-il entré dans le cœur des humains ? Pourquoi la musique, la peinture et la poésie, et pourquoi toutes les histoires qu’on se raconte dans les livres et les chansons ?

 

Il y a dans tout cela quelque chose qui m’échappe et que je ne comprends pas. On dit que dans l’univers rien n’est perdu, que quand une chose disparaît, elle se transforme en quelque chose d’autre. J’ai eu, et j’ai quelquefois encore, au fond de mon cœur, des rêves et des espoirs démesurés et disproportionnés par rapport à mes capacités de les atteindre. Cela veut-il dire qu’ils sont perdus à tout jamais et que c’est comme s’ils n’avaient jamais existé ?

 

https://www.youtube.com/watch?v=KNdPpIiWhWA



24/03/2020
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