Les rêveries du retraité solitaire

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Trump et Les fables de La Fontaine

Le loup et l’agneau

Quand Trump a annoncé qu’il allait imposer des tarifs douaniers sur les exportations d’aluminium (20%) et d’acier (15%) canadiens vers les États-Unis en prétextant des raisons de sécurité nationale, le Canada a protesté en faisant valoir que le Canada avait toujours été un des plus fidèles alliés des Américains et que la protection du territoire des deux pays faisait partie d’un système de défense intégré. Rien n’y fit. Trump avait déjà pris sa décision. Comme l’a si bien écrit La Fontaine il y a trois cent cinquante ans « La raison du plus fort est toujours la meilleure. »

 

Le corbeau et le renard

Comme le corbeau de la fable, tout le monde sait que Trump est très sensible à la flatterie. Dans un article du magazine The Week, le journaliste américain Paul Waldman  a écrit : « Pretend that Trump is the demi-god he wishes himself to be, and you’ll quickly win his favor. » Anne Gearan du Washington Post a écrit ceci au sujet de la relation de Trump avec le président français Macron : « Macron-also an unconventional political figure-has used a mixture of flattery and man’s-man bravado to become Trump’s favorite leader and a counterpoint to Trump’s affinity for strongmen, including Russian President Vladimir Putin.» J’aurais pu citer de nombreux autres exemples qui illustrent jusqu’à quel point Trump est sensible à la flatterie et comment de nombreux politiciens et chefs d’État ont appris  à utiliser ce trait de sa personnalité pour influencer ses décisions. « Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. » avait écrit Monsieur de la Fontaine en conclusion de sa fable.

 

La grenouille et le bœuf

Trump n’a jamais caché sa sympathie et son admiration pour les dictateurs de ce monde. Quand Xi Jinping s’est lui-même proclamé président à vie de son pays, Trump a dit à la blague (je ne crois pas que c’était vraiment une blague) qu’il devrait pouvoir faire la même chose dans son pays. Même si les États-Unis constituent la plus grande puissance militaire et économique de la planète, Trump, en tant que président, ne jouit pas des mêmes pouvoirs et privilèges que Poutin, Xi Jinping et Kim Jong-Un dans leurs pays respectifs. Son pouvoir est grandement limité par la Constitution américaine et par l’opposition démocrate qui s’est érigée en rempart entre la dictature qu’il souhaiterait établir et la démocratie. Je suis sûr que Trump aimerait pouvoir faire taire et même faire disparaître les journalistes qui le critiquent et les humoristes qui se moquent de lui tous les soirs à la télé aussi facilement que Poutin peut le faire en Russie.

 

Je crois que c’est ce culte de la personnalité qu’il aimerait instaurer dans son pays et ce désir de concentrer sur lui et sa famille tous les pouvoirs qui va causer la perte de Trump. Comme la grenouille de la fable qui voulait devenir aussi grosse que le bœuf, il ne pourra jamais atteindre la taille de ses idoles et détenir autant de pouvoir qu’eux. Il s’est déjà un peu rapproché de Poutin mais il ne pourra jamais l’égaler. Il y a, bien sûr, environ 40% des Américains (sa base) qui le suivent aveuglément, et croient tout ce qu’il dit; et il y en a probablement 20% qui n’hésiteraient à faire de Trump, sur le modèle de Kim Jong-Un en Corée du Nord, le demi-dieu qu’il rêve de devenir. Je crois néanmoins que la majorité des Américains restera attachée à la démocratie, et ne suivra pas Trump jusqu’au bout de ses rêves narcissiques de puissance et de grandeur. Comme dans la fable de La Fontaine, en voulant devenir aussi grosse que le bœuf, la grenouille finira par éclater...comme la bulle du marché immobilier il y a une dizaine d'années.



10/10/2018
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