Les rêveries du retraité solitaire

Les rêveries du retraité solitaire

Les apprentis maçons

Le bonheur, c’est parfois de découvrir qu’on a pu faire des choses qu’on ne croyait jamais pouvoir faire. C’est un peu ce qui nous est arrivé, à Maria et à moi, au cours de l’été qui vient de se terminer.

 

En mai dernier, notre chalet était comme une île au milieu de la rivière. On en a fait le tour en bateau avec un de nos voisins pour constater les dégâts. On a vu que les deux portes en bois du sous-sol qui faisaient face à la rivière avaient été défoncées par la crue des eaux poussées par le vent du sud-ouest. Nous n’étions pas là, mais on nous a dit que la plus grande partie des dommages s’était produit au cours de la même journée, quand les vagues sont venues marteler violemment les structures et en détruire quelques-unes, que le courant a emporté des remises, des galeries, des escaliers et une multitude d’objets qui ont été dispersés dans la forêt et de l’autre côté de la baie située derrière les chalets.

 

 

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Pour nous, la bâtisse comme telle n’a pas été endommagée parce qu’elle repose sur une fondation en ciment assez haute. Plusieurs de nos voisins ont subi des dommages à l’intérieur de leurs chalets ou, pour certains, de leurs résidences permanentes. Quelques-uns ont tout abandonné et sont partis. Les autres ont dû tout reconstruire. Notre voisin immédiat avait tout refait l’intérieur du chalet qu’il avait acheté à peine un an auparavant. Il a dû tout refaire ce qu’il avait fait l’été précédent.

 

Pour nous, tout ce qui se trouvait au sous-sol était sens dessus dessous et recouvert de boue et d’une eau sale et nauséabonde. Nous ne savions pas par où commencer. Heureusement, trois amis, Kevin, Serge et Bryon, sont venus nous donner un coup de main. Nous avons passé une journée complète à sortir les débris et à les transporter jusqu’à la benne à ordures. Après ça, Maria et moi avons passé plus d’une semaine à nettoyer ce qui restait parce qu’on nous avait dit que tout devait être décontaminé.

 

Un mur de soutènement construit avec des blocs de ciment avait été démoli par les inondations. Ce mur servait à maintenir en place la terre et les roches qui protégeaient une partie plus vulnérable de la fondation. Il fallait aussi réparer les portes qui avaient été démolis. Nous avions décidé de les remplacer par un mur de ciment pour que ce soit plus solide. Le problème que nous avions était que l’homme à tout faire qui avait l’habitude de faire des travaux pour nous, de même que la plupart des ouvriers des environs, étaient occupés ailleurs.

 

Nous avons donc décidé de nous attaquer nous-mêmes à la construction du mur de soutènement. Nous n’avions, ni l’un ni l’autre, jamais mélangé de ciment. Nous ne savions pas quelle était la différence entre du béton et du mortier. Nous avons acheté la mauvaise sorte et il a fallu retourner acheter celle dont nous avions besoin. En allant dans YouTube, on a vu comment il fallait faire. Nous avons construit notre mur et il a l’air solide. Ç’a été notre premier défi. Pour ce qui est de construire un mur où étaient nos portes en bois, nous avons préféré commander des portes en métal qui seront installées par des professionnels.

 

Enthousiasmés par ce que nous venions d’accomplir, nous avons entrepris un second projet. Nous avons utilisé les briques que nous avait données notre voisin pour construire une base solide et un muret de rétention autour de l’autre entrée du sous-sol de notre chalet pour empêcher l’eau de pénétrer à l’intérieur à chaque fois qu’il pleut. Encore là, nous avons fait appel à YouTube pour apprendre. L’ouvrage n’est pas parfait. On peut voir que ce n’est pas un travail de professionnel ; les briques ne sont pas toutes exactement au même niveau, mais hier il a plu toute la journée et nous n’avons pas eu d’eau au sous-sol.

 

 

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Le dernier projet auquel nous nous sommes attaqués et que nous avons presque terminé a été de remplacer l’isolant en polystyrène qui a été arraché des murs du sous-sol de notre chalet pendant les inondations. Nous avons acheté les feuilles de polystyrène, un pistolet à colle et des bâtons de colle, nous avons mesuré, nous avons découpé, et nous avons réparé ce qui était endommagé.

 

Tout ceci pour dire qu’il n’est jamais trop tard pour faire quelque chose de nouveau. Très souvent, faire quelque chose de nouveau consiste à faire quelque chose dans la même veine que ce que nous avions déjà fait. Si, par exemple, nous avons appris à danser la salsa, nous apprenons à danser le tango ; si nous avons un participé à une course à pied, nous nous inscrivons à une course de vélo ; si nous avons déjà fait du dessin, nous essayons la peinture ; si nous avons construit une remise, nous nous attaquons à un abri pour la voiture ; si nous avons écrit des essais, nous pouvons décider d’écrire un roman.

 

Pour venir à bout de ces projets, il nous a fallu sortir de notre zone de confort. Nous avons fait des choses que nous aurions normalement fait faire par d’autres. Nous avons dû utiliser des matériaux avec lesquels nous n’avions jamais travaillé et apprendre à manier des outils que nous n’avions jamais utilisés. Ç’a été une expérience enrichissante qui nous a permis de mieux apprécier l’ensemble des compétences et des connaissances que doivent avoir les ouvriers qui construisent et réparent nos maisons.

 

Hier, après avoir travaillé une grande partie de la journée pendant laquelle nous n’avons pas vu le temps passer, Maria a dit : « En plus d’avoir économisé de l’argent, nous avons fait quelque chose dont nous pouvons être fiers et qui nous rend heureux. »

 

 

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24/09/2019
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