Les rêveries du retraité solitaire

Les rêveries du retraité solitaire

Le violoniste et le violoneux

J'ai décidé d'écrire certains de mes articles en français et d'autres en anglais pour deux raisons. La première est que je vis dans un milieu bilingue. Je communique surtout en anglais avec ma conjointe et la majorité des amis que nous avons en commun sont anglophones. J'écoute la radio, je regarde la télé et je lis probablement un peu plus en anglais qu'en français. La deuxième raison est que je n'écris pas de la même façon dans les deux langues et que j'aime cette diversité.

 

Quand j'écris en anglais, je me sens plus un violoneux qu’un violoniste. Mon style s’apparente un peu plus à la langue parlée. Les mots que j’utilise sont souvent moins précis et plus familiers. Mes phrases sont généralement plus courtes et moins complexes qu’en français.

 

En français, étant donné que je dispose d’un plus grand nombre de mots pour nuancer mes pensées, je mets un peu plus de temps à choisir celui qui transmettra le plus adéquatement ce que je veux exprimer. Je passe plus de temps à peaufiner mes phrases, qui sont généralement plus longues et plus complexes qu'en anglais. Je fais des références culturelles et j’inclus des citations des grands auteurs que j’ai côtoyés pendant mes études.

 

Ce sont souvent les sujets dont je traite qui dictent le choix de la langue. Si la source de l’inspiration de mon texte (conversation, incident, livre, article, film, émission de télé) est en anglais, c’est plus naturel pour moi d’en parler en anglais. En général, pour décrire mes émotions et des choses complexes, je suis un peu plus à l'aise en français, mais la différence n'est pas aussi grande que quand je m'exprime oralement. Quand je parle anglais, je me sens très limité dans mon expression. Quand j'écris, étant donné que j'ai le temps de chercher mes mots et de structurer mes phrases, la difficulté est beaucoup moindre. Très souvent, quand je participe à des conversations et des discussions en anglais, j'évite d'intervenir pour raconter quelque chose ou donner mon opinion, parce que je suis conscient de mes limites. Ça me fait penser à un ami qui m’a confié que parce qu’il ne pouvait pas aussi bien nuancer ses propos en anglais qu’en français, ses positions et ses opinions apparaissaient souvent plus radicales et extrêmes quand il les exprimait en anglais.

 

En ski de fond, il y deux techniques : le classique et le patin. L’équipement est un peu différent, les muscles sollicités ne sont pas exactement les mêmes, le patin est plus rapide que le classique, mais le classique permet d’accéder à des sentiers qui sont inaccessibles en patin. Même si je préfère le classique, j’adore les deux techniques. C’est la même chose quand j’écris. 

 



12/04/2016
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Religion & Croyances pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 8 autres membres