Les rêveries du retraité solitaire

Les rêveries du retraité solitaire

Histoire de la famille Bujold

Histoire de la famille Bujold

Alain BUGEAUD (1672-1708) 

(Un Taillonnais arrivé en Acadie vers 1690.
Il est l'ancêtre de toutes les familles BUGEAUD, BUJEAU, BUJOLD
d'Amérique du Nord)

 

Alain BUGEAUD est né le 12 Novembre 1672 à St Ciers du Taillon. 

 

Son parrain est Alain du Breuil de Fontraud, sa marrainne Louise de Saint Légier d'Orignac.


Il était nommé Pierre Alain; on ignore pourquoi puisque, à aucun moment, ni dans l'acte de baptême en 1672 ni dans les actes notariés se trouve mentionné ce prénom Pierre.

 

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Signature d'Alain Bugeaud

 

 

Ses parents étaient de religion protestante.

 

Alain BUGEAUD fut baptisé quinze jours après sa naissance et le baptême célébré dans la commune de Bois, au Temple de Chez Garraud, le Dimanche 27 Novembre 1672 par Mr de la Porte, pasteur venu de Plassac. Le temple de chez Garraud était celui où les Saint Légier avaient l'habitude d'assister aux offices. La famille du Breuil, de son côté, allait au Temple de Plassac, proche de Fontraud.


Le père d'Alain, Daniel BUGEAUD, notaire à St Ciers, avait épousé Marie de la Vergne. Il possédait à St Ciers des immeubles et des terres qui ont fait l'objet de l'acte passé le Dimanche 11 Octobre 1705 chez le notaire De LOPPINOT, à Port Royal en ACADIE, par lequel Alain BUGEAUD donne tous pouvoirs à un nommé Jean BERTIN, laboureur à boeufs, pour assumer la succession de ses parents, en partage avec Jean Sorignet, marchand demeurant au bourg, époux de sa sœur Marie.


Curieusement cette succession parle de son frère François qui est décédé, mais ses autres frères Henry et Isaac ne sont pas mentionnés. On ne sait pas ce qu'ils sont devenus. 

 

Le parrain d'Alain BUGEAUD, Alain du Breuil de Fontraud était marié à Marie Escoltière.

Fontraud s'écrivait autrefois Font-Raux ou Fonreau. Alain du Breuil a signé Fonreaux sur l'acte de baptême. La malformation de son écriture a fait qu'il était seigneur de "Foureaux". 

 

Le domaine de Fontraud et son logis sont situés dans la commune de Saint Genis de Saintonge, à la limite de celle deSaint Sigismond de Clermont.


Pierre Damien RAINGUET, dans ses études sur l'arrondissement de Jonzac (1864) a retenu pour la demeure des du Breuil l'expression ancienne de "Petit castel" des bords du Tende. De ce "petit castel" il ne reste aujourd'hui que la Fuie. Sur le mur de cette tour à pigeons, côté est, on peut encore, au-dessous d'un écusson armoiré, déchiffrer l'inscription suivante : « Jacques du BREUIL, ESCUYER ET SIEUR DE FONTREAU, FILS MAIEUR ET LEGITIME DE FRANCOIS DU BREUIL AUSSI ESCUYER- PAR HENRI MICREV, MAISTRE MASSON – 1593. »

 

Les du Breuil ont gardé Fontraud jusqu'à la Révolution. en 1789, Mme veuve du Breuil de Fontraud, d'origine créole, « vota par procureur » à l'assemblée des États Généraux à Saintes. Peu après elle abandonne son domaine pour passer en Amérique, où elle mourut.


Par la suite Fontraud changea plusieurs fois de propriétaires. Vers 1825, M. et Mme de Mirbel y firent faire d'importantes transformations qui aboutirent au Logis actuel.


Vers 1860, Elie de Dampierre acheta Fontraud. Il mit son domaine en communication directe avec le parc de son château de Plassac, au moyen d'une porte et d'une longue avenue. Sous les murs du logis jaillit une belle source du pays. Ce même Elie de Dampierre avait su l'utiliser en l'employant à faire mouvoir un moulin à farine de deux ou trois meules. 

 

Actuellement, Fontraud appartient à Madame de Saint Seine. Elle est née Marie Christine de Dampierre.

Le maitre d'Orignac était alors le cinquième René de Saint Légier, fils du quatriè-me René et de Madeleine de Barrière. Il épousa en 1676 Bénigue de Nossay. 

 

La seule Louise de St Légier que nous connaissons, pendant cette période, était sa grand-mère paternelle, Louise de Blois. On ne peut affirmer que c'était elle la marraine d'Alain BUGEAUD. Si cela était, elle devait être très âgée et bien plus jeune que son mari, né en 1585. 

Les Saint Légier habitaient encore la vieille construction fortifiée du Moyen-Âge, bâti par les Le Fourestier.

 

Rien à voir avec le château actuel qu'avait fait construire, vers 1840, Auguste de Saint Légier.

 

 Par ailleurs, il est à noter qu'un village dit "chez Bugeaud" existe dans notre commune. Le fait qu'il soit situé en bordure du domaine d’Orignac n'est peut-être pas une coïncidence. Il convient en effet de s'interroger, compte-tenu des bonnes relations qui avaient existé entre la famille Bugeaud et les Saint Légier d' Orignac. 

 

Triste époque que celle de l'enfance et de l'adolescence d'Alain BUGEAUD, surtout à partir de 1680 qui est le début de la période des contraintes et des méchantes manœuvres, des prescriptions vexatoires et des tracasseries indignes contre les Protestants pour les amener à se convertir. 

 

En 1682, leurs temples commencèrent à être détruits sur Ordonnances Royales. Pour les temples les plus proches : ordonnance du 26 Janvier, Plassac, Mirambeau, Cosnac, ordonnance du 5 Janvier 1683, Bois (chez Garraud), celui-là même où onze ans plus tôt avait été baptisé l'enfant BUGEAUD, toujours en 1683 sans précision de date...Saint Fort Sur Gironde.  

 

 17 Octobre 1685 : Révocation de l'Edit de NANTES par LOUIS XIV (Elle frappait d'interdiction la Religion Réformée dans tous ses aspects)

 

Déjà, un lieutenant et trente soldats avaient envahi le château d'Orignac. Le Marquis de Boufflers, chef militaire, dut intervenir pour les en chasser, René de Saint Légier ayant à Versailles une amie puissante, Mme de Maintenon.


Il l'avait connue dans sa jeunesse, chez son grand-père (le troisième René) alors Gouverneur de Pons. Elle était seulement Melle Françoise d'Aubigné. Par la suite il eut l'occasion de la voir souvent et il comptait beaucoup sur sa protection. 

Il partit aussitôt pour Paris, se rendant à la Cour. Elle lui demanda ce qu'il voulait d'elle... « Que vous voulussiez bien, Madame -lui répondit-il- vous donner la peine de décider si un gentilhomme peut, avec honneur, changer sa religion à coups de bâton et les troupes chez lui. »


Mme de Maintenon obtint du Roi un délai de trois mois, « pour qu'il put à loisir étudier la religion catholique. » 

 

Mr de Mahis, ministre protestant, converti quelques années auparavant, l'engagea fortement à abjurer "l'erreur", ce à quoi René de Saint Légier était tout à fait disposé, mais pas son épouse. "C'était, disait-il, une pilule dure à digérer pour une femme, bonne chrétienne du reste, mais huguenotte à brûler". Mme de Saint Légier, et sa fille Madeleine, se réfugièrent en Angleterre et de là, à Haarlem, aux Pays-Bas. 

 

La troupe qui avait investi Orignac appartenait sans doute à la Cavalerie de Ligne (les Dragons).


Ce procédé de persécutions était utilisé pour obtenir une conversion par la force. Existant depuis 1680, il fut connu sous le nom de "Dragonnades" et consistait dans le logement forcé des soldats qui recevaient la consigne de vivre "à discrétion" chez les Protestants, avec tous les excès que cela pouvait impliquer. 

 

Les Ministres du Culte Réformé n'avaient le choix qu'entre se convertir ou partir en exil. Les Fidèles étaient autorisés à rester.


Beaucoup se réfugiaient au « Désert », c'est-à-dire qu'ils se réunissaient dans des assemblées qui se tenaient secrètement dans des maisons sûres ou dans les bois. Les pasteurs du « Désert » vivaient cachés. 

 

Ces assemblées paraissaient intolérables à l'Évêque de Saintes qui se plaignait de l'inertie des Autorités. 

IL fallut attendre l'Édit de Tolérance de 1787 pour permettre aux Protestants de retrouver un État- Civil et, grâce à la Révolution, de préparer leur intégration dans la Communauté Nationale. 

 

Face à tant de calamités, il n'est pas étonnant qu'Alain BUGEAUD ait quitté Saint Ciers. Toutefois il ne s'est pas laissé porter par le flot de l'émigration qui conduisait vers les pays protestants. Sa motivation la plus profonde était ailleurs.


Sans doute voulait-il réaliser le rêve de l'adolescent qu'il était encore et qu'en même temps il cessait d'être.

 

Ce rêve s'appelait « l'ACADIE »


Quarante-quatre ans avant sa naissance, son fondateur, Pierre DUGUA de MONS, ancien Gouverneur de Pons, était décédé au Château d'Ardennes dans la commune de Fléac sur Seugne, le 23 Février 1628. 

 

Les Saint-Légier étaient apparentés aux Dugua par les Le Fourestier.


Antoine Dugua, Seigneur de Chastelard, cousin de Pierre Dugua, avait épousé Louise Le Fourestier en 1550. L'arrière-grand-père du présent Seigneur d'Orignac, le deuxième René de Saint LEGIEégier, s'était marié avec Louise Le Fourestier, dame d'Orignac, en 1578 (leurs enfants furent les premiers Saint Légier de la branche d'Orignac). 

 

Pendant les années où il vécut à Saint Ciers, Alain BUGEAUD avait certainement été instruit dans le souvenir de Pierre Dugua de Mons. 

Nous ignorons tout de son voyage qui avait dû être minutieusement préparé. 

 

L’ACADIE était un territoire français.


Daniel BUGEAUD, "Notaire Royal" à Saint Ciers du Taillon avait pu, peut-être, correspondre auparavant avec un "Notaire Royal" de la Colonie Française de Port-Royal très peu nombreuse ou bien quelqu'un d'autre.


Son fils n'est certainement pas parti sans argent, ni lettres de recommandation.

 

Alain BUGEAUD est arrivé en ACADIE vers 1690. Il avait 18 ans


L'ACADIE désigne aujourd'hui les Provinces Maritimes du Canada où sont établis les Acadiens : Nouveau Brunswick, Nouvelle Ecosse, Ile-du-Prince Édouard, Terre-Neuve. 

 

Selon les connaissances actuelles, le terme ACADIE est employé pour la première fois en 1524 par l'explorateur italien Verrazano, lors d'une expédition en Amérique du Nord. Arrivé dans la région actuelle de WASHINGTON en avril, il trouve la végétation abondante et surnomma l'endroit ARCADIE, en souvenir de la belle région mythique de la Grèce Antique.


Plus tard, au XVIIème siècle, le terme sera orthographié sans la lettre "r". Cette interprétation ne fait pas l'unanimité parmi les chercheurs.


Certains prétendent qu'il n'est pas sûr que ce nom donné par VERRAZANO ait entrainé son usage postérieur. CADIE désignerait une terre fertile, en dialecte Micmac. 

 

La totalité de la population française acadienne, en 1686, selon l'estimation la plus favorable, ne dépassait pas 925 personnes.


En 1707, elle était de l'ordre de 1800 à 1900. A la fin de l'ACADIE Française, en 1713, près de 2000 acadiens et acadiennes vivent sur le territoire et une majorité d'entre eux habite les établissements de Port-Royal, des Mines et de Beaubassin.


Comparativement aux populations paysannes européennes, les Acadiens et Acadiennes ont de bonnes conditions de vie, grâce à une économie basée sur l'agriculture, la pêche, le commerce et à certaines petites industries locales. 

 

La population autochtone, les Micmacs et les Malécites, accueillent les Français comme des amis et des alliés. Mais l'idée que ces Blancs puissent, au nom du Roi de France, revendiquer la moindre portion de territoire ou que les Amérindiens doivent plus d'allégeance au Roi de France qu'à leurs propres chefs reste insensée pour eux. La politique de la France est donc de veiller à ce que ceux-ci ne soient pas dérangés sur les terres qu'ils occupent ou dont ils se servent.


Depuis 1611 environ, ils ont aussi des contacts avec les Missionnaires. Un siècle après, chez les Amérindiens, la « nouvelle » religion est toujours rudimentaire et imprégnée de tradition amérindienne. Par exemple, ils ont associé Jésus au Soleil et les Saints aux Esprits Gardiens...etc... 


Tel fut le nouveau pays d'Alain BUGEAUD


Il attendra ses 23 ans, vers 1695, pour épouser Elisabeth (souvent nommée Isabelle) MELANSON, fille de Pierre Mélanson, dit La Verdure, et de Marguerite Mius d'entremont.


De 1690 à 1691, il est chirurgien à Port Royal.


Vers 1692, il rejoint le bassin des Mines où demeure sa future belle-mère. Là, il sera à la fin, chirurgien, Marguiller (l'un des trois membres les plus importants d' un Conseil d'Administration de Fabrique) et notaire. Un acte de LOUIS XIV du 18 mai 1707 le confirme dans sa fonction de notaire, un autre du 21 mai le nomme Juge aux Mines.

 

Il décède vers 1708, âgé de 36 ans, laissant une fille et cinq garçons, souche d'une nombreuse descendance en Amérique du Nord.

 

L'ACADIE fut l'objet d'incessants conflits entre l'Angleterre et la France; mais d'une façon générale, les Acadiens ont peu participé aux combats.

La France perdit la Nouvelle Ecosse (l’Acadie) au traité d'UTRECHT de 1713. Elle tomba définitivement aux mains des Anglais en 1763 (Traité de Paris).


En 1755 le roi George II exigea des Français, au nombre de 16.000 à ce moment-là, la prestation d'un Serment de Fidélité les contraignant au service armé. Dans le cas d'un conflit avec LOUIS XV, ils devraient verser le sang de leurs compatriotes. La majorité repoussa l'allégeance.


C'est « Le Grand Dérangement »

 

Un grand nombre d'insoumis, déportés dans les treize colonies anglaises de l'Amérique du NOrd, ou ayant regagné la France, se regroupent en Louisiane. Ils y forment la communauté toujours existante des "CAJUNS" dans les bayous et à la Nouvelle Orléans.


Au sud-est de Châtellerault, entre Archigny et La Puye, il est un endroit appelé « la Ligne Acadienne ». C'est ce qui reste des 58 fermes que le Marquis de La Pérusse avait mises à la disposition des Acadiens réfugiés en France.


Tous les ans, les Acadiens du Poitou organisent une fête, le 15 aôut, pour commémorer cette période du « Grand Dérangement ». 

 

Au cours de l'été 2001, près de l'aire de repos de St Ciers, j'avais été abordé par un jeune couple de touristes. Ils voulaient des renseignements sur notre église. J'ai tout de suite reconnu leur accent sympathique à nos oreilles saintongeaises. Maladroitement, je leur ai dit : « Vous êtes canadiens » ; leur réponse fut immédiate : « Oui, mais du Québec. »

 

Il est inéluctable qu'un jour ou un autre, tôt ou tard, nous verrons arriver des Québécois qui nous diront : « Nous sommes du Québec, et nous nous appelons BUGEAUD. » 

 

Nous les accueillerons avec joie et nous ferons la fête. 

 

Il faudra leur montrer ce qui reste de l'époque de leur ancêtre taillonnais

 

 

 

 



23/03/2017
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